Aller au contenu principal

Crucifix

Anonyme, XVe siècle

| 975.4.5683

Date : Fin XVe | Technique : Sculpture en bois recouvert d’un apprêt plâtreux

 

Vers 1494, Michel-Ange réalise un grand Christ (aujourd’hui au couvent San Spirito de Florence) d’un modèle nouveau par sa nudité et par son canon. Ce Christ connaîtra un vif succès à l’époque avant d’être rejeté dès le siècle suivant, l’idée du maître semblant alors trop profane, voire inconvenante. Il en existe notamment une version attribuée à Andrea Sansovino dans une collection privée et une autre attribuée à Benedetto da Maiano au musée de San Marco de Florence. Le Christ de Rouen en montre une version réduite, sans doute objet d’une dévotion privée, à moins qu’il ne s’agisse d’un meuble d’église fixé à la chaire et brandi à l’occasion par le prêtre pendant sa prédication. 

Dans la Renaissance florentine de la fin du XVe siècle marquée par la recherche d’un idéal humaniste, Michel-Ange reprend cette idée néo-platonicienne du célèbre religieux Savonarole que la perfection et la beauté de l’âme se reflète dans le corps physique. Savonarole possédait d’ailleurs dans sa cellule un de ces Christ inspirés du maître. 

Michel-Ange choisit alors de renouer avec l’idéal grec de la période hellénistique au canon fluide, sensible et gracieux au détriment de la nudité athlétique et avec le contraposto, la jambe gauche servant de jambe d’appui et la droite esquissant un déhanchement dont l’impulsion se transmet jusqu’à la tête. Ainsi le corps du Christ peut être représenté complètement nu, comme habillé de sa seule grâce divine. Cette grâce, reflet de la perfection du Dieu-Homme, est présente jusque dans ses cheveux dont le caractère calme, paisible, serein rend l’idée d’un homme qui n’est pas vraiment mort mais seulement endormi.