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Le Retour de la course ou Char antique

Théodore Géricault

(1791 - 1824) | Rouen, musée des Beaux-Arts (inv. D.1963.2.1)

Date : Premier quart du XIXe siècle | Technique : Huile sur toile, 63,5 x 80 cm

Cette œuvre de la jeunesse de l'artiste est une copie libre inversée d'après un dessin de Carle Vernet (aujourd'hui au Getty Museum) exposé au Salon de 1800 (Un conducteur de char, venant de remporter le prix de la course, ramène avec lui sa compagne, à qui il laisse conduire ses coursiers ; n° 375). Géricault s'inspira de l'aquatinte de Jean Godefroy, éditée dans le même sens que le dessin de Vernet, mais en inversa la composition. Dans sa monographie sur Géricault, publiée en 1868, Charles Clément indique : « Ce n'est qu'une copie d'après une gravure de Carle Vernet ; mais on y trouve déjà l'énergie de Géricault et son énergie de facture... ».

Cette copie semble être mentionnée dans l'inventaire après décès de l'artiste et figure à sa vente après décès réalisée les 2 et 3 novembre 1924 à l'hôtel Bullion, haut lieu des ventes publiques à Paris entre 1786 et 1830. Dans la monographie de Clément, le tableau est indiqué comme appartenant « à M. Smith ». Il figure sans doute dans la collection de Georges Aubry avant de passer à la vente qui a eu lieu à l'hôtel Drouot le 24 février 1936 où il est acquis par un « M. D. », c'est-à-dire Pierre-Olivier Dubaut (1886-1968), peintre animalier, et du cheval en particulier, qui collectionna de nombreuses œuvres de l'artiste et qui commença même le catalogue de l'œuvre de Géricault. Il apposa un cachet de cire avec son monogramme au revers. Dubaut prêta l'œuvre à une exposition qui s'est tenue du 10 au 29 mai 1937 à la galerie Bernheim Jeune à Paris Géricault peintre et dessinateur. Sous l'occupation, Dubaut figure sur les listes de marchands ayant vendu des œuvres aux Allemands et cette copie devait être acquise pour 325 000 francs par la Städtische Galerie de Francfort en 1941.

Avec l'intensification des bombardements alliés en Allemagne, les collections du musée ont été mises à l'abri à Bad Wildungen où le Géricault fut envoyé ; il devait y être identifié par Rose Valland et Edith Standen à la fin de la guerre puis transféré au Collecting Point de Wiesbaden le 21 mars 1946 avant de revenir en France le 24 mars suivant.

Retenu par la 4e Commission de choix du 21 décembre 1949 et attribué au Louvre, le tableau est mis en dépôt au musée de Rouen par arrêté du 29 novembre 1955.

 

Thierry Bajou

 

Bibliographie :

Cat. exp. Géricault, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 10 octobre 1991 - 6 janvier 1992, p. 329, n° 8, ill. 13 (avec bibliographie antérieure).