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Madame Guillaumin cousant

Armand Guillaumin

| Rouen, musée des Beaux-Arts (inv. AG.D.1954.8.1)

Date : 1888 | Technique : Pastel sur carton, 50 x 60 cm

En 1886, Guillaumin se marie à Paris avec Marie-Josèphe Gareton le 10 janvier 1887 ; ses témoins sont Degas et Gauguin. Ce pastel, daté de 1888, fait partie de l'une des nombreuses œuvres qui, représentant la femme de l'artiste occupée à une scène domestique, la pêche, la lecture, l'écriture, le soin des enfants, ou la couture, permettent de saisir le bonheur intime du couple.

Comme c'est également le cas pour le Paysage de neige de Lépine, la première mention de cette œuvre est celle de la vente par le marchand Raphaël Gérard à Friedrich Welz, directeur de la Landesgalerie de Salzbourg, le 11 octobre 1941 pour 600 reichmarks. Les musées du Reich ont acheté beaucoup d'œuvres pendant la guerre, notamment grâce au taux de change imposé par l'occupant qui lui était très favorable : celui-ci a été fixé arbitrairement à 20 francs pour 1 reichmark, alors que le taux de change "normal" aurait été autour de 11 à 12 francs pour 1 reichmark. En outre, il n'y avait pas de compensation entre la banque du Reich et la banque de France ; ainsi, c'est la banque de France qui payait le vendeur et le prix versé était intégré au montant des indemnités d'occupation exigées de la France.

En 1943, les collections du musée de Salzbourg ont été mises à l'abri au monastère de Sankt Gilgen situé aux environs de la ville. À la fin de la guerre, elles passent aux mains des Américains, responsables de cette zone du pays ; le 18 avril 1947, un important ensemble d'œuvres dont la provenance française est établie, dont le Guillaumin, est remis aux mains des autorités françaises avant de revenir en France.

Retenu par la 4e commission de choix du 21 décembre 1949 et attribué au musée du Louvre, le pastel est mis en dépôt au musée de Rouen par arrêté du 29 janvier 1954.

 

Thierry Bajou