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Salammbô : Fureur ! Passion ! Eléphants !

19 Mai 2021 - 19 Septembre 2021
Salammbô : Fureur ! Passion ! Eléphants !

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2021 marque le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert (1821- 1880). L’occasion, pour la RMM, de déployer un vaste programme de célébrations ! Du 23 avril au 19 septembre, le Musée des Beaux-Arts de Rouen présente Salammbô, une exposition inspirée du roman éponyme, paru en 1862. Fureur, passion, désir, trahisons et… éléphants traversent cette géniale épopée qui nous fait voyager en terre punique, trois siècles avant J.-C.

« Décrire Carthage, qu’on connaît si peu, était à l’époque de Flaubert et au fond serait encore aujourd’hui, une entreprise presque insensée. (…) l’excellence du style fait tout accepter : on demeure ébahi devant ces phrases dont chacune est une pièce d’or ou de bronze pesant de tout son poids, suspendue au fil (…) de cette affabulation romanesque sur la fille d’Hamilcar. »
- Marguerite Yourcenar

s3.png« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. » Gravée dans la mémoire de générations de lecteurs, la première phrase du roman de Flaubert est l’élément déclencheur d’une expérience unique, où les émotions et sensations sont portées à leur paroxysme. L’attraction fatale entre Salammbô, prêtresse de Tanit, et Mâtho, chef des mercenaires révoltés, l’opulente Carthage, ses cultes féroces, ses invincibles murailles et son aqueduc cause de sa perte, les batailles sanglantes, les éléphants incendiés et les lions crucifiés, tout dans ce roman hors-norme est propice à enflammer les imaginaires. L’ambition de cette exposition inédite est d’envisager la portée considérable, sur les sciences et les arts, du roman de Flaubert, d’explorer l’immense héritage de la création plastique, musicale, cinématographique, autant que l’histoire et l’actualité des fouilles archéologiques du site de Carthage (Tunisie). Le visiteur est ainsi invité à plonger dans l’univers extravagant, fantastique, excessif du roman « monstre » de Flaubert, voyageant dans le livre, l’histoire et le drame, comme s’il assistait à un opéra. Au-delà du drame, de l’histoire, des images, Salammbô porte une méditation très actuelle sur la violence politique, la force des déterminismes, les dominations de classe et les assignations de genre. Un signe de la puissance démiurgique de l’œuvre de Flaubert, qui écrivait en 1857 à Michelet : « Je vais (…) faire un peu d’histoire. C’est un large bouclier sous lequel on peut abriter bien des choses. » 

Pour mener à bien cet ambitieux projet, le musée des Beaux-Arts a choisi de s’associer au Mucem, à Marseille, qui accueillera l’exposition à l’automne 2021, mais aussi à l’Institut national du patrimoine de Tunisie, qui a permis le prêt de chefs-d’œuvre archéologiques émanant du site de Carthage. Le Musée national du Bardo accueillera enfin l’exposition, marquant le retour de Flaubert en Tunisie au printemps-été 2022.

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Ce grand musée français proche de l’univers du roman flaubertien, nous menant de Carthage à l’Afrique, s’associe à la RMM pour rendre un hommage appuyé à l’écrivain. De quoi fêter à Rouen, avant Marseille puis Tunis, le bicentenaire de la naissance de Flaubert.

Salammbô n’est jamais passée par Marseille, à la différence de Gustave Flaubert qui, en 1840, s’y arrête et confie ses impressions : « C’est le lendemain en me réveillant, que j’ai aperçu la Méditerranée, toute couverte encore des vapeurs du matin qui montaient pompées par le soleil ; ses eaux azurées étaient étendues entre les parois grises des rochers de la baie, avec un calme et une solennité antiques. Il ajoute : « J’aime bien la Méditerranée, elle a quelque chose de grave et de tendre qui fait penser à la Grèce, quelque chose d’immense et de voluptueux qui fait penser à l’Orient. » (carnets de voyage de Flaubert). Le projet porté par la RMM ne pouvait que soulever l’enthousiasme du Mucem, musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. L’exposition est en effet marquée par la complémentarité des approches, littéraires bien sûr, mais aussi archéologiques et iconographiques, de la peinture au cinéma. Elle s’inscrit de surcroît dans la coopération, depuis cinq ans, avec l’Institut national du patrimoine tunisien et le Musée national du Bardo, avec lesquels le Mucem entretient une complicité exigeante et amicale.

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Rénové en 2012, le Musée national du Bardo est le plus grand musée de Tunisie. Réputé pour ses mosaïques, il expose les plus belles trouvailles de l’archéologie provenant de fouilles effectuées dans le pays depuis le xixe siècle.s4_0.png

C’est toute la richesse historique et la singularité de la Tunisie que révèlent les collections du Bardo. Le site de Carthage a d’abord été fouillé par Alfred-Louis Delattre (1850-1932). Né à Déville-lèsRouen, cet ecclésiastique et archéologue fut chargé par le cardinal Lavigerie, dès 1875, de collecter les vestiges archéologiques de l’antique cité. Le Musée des antiquités de Rouen se fait l’écho des premières explorations archéologiques à Carthage avec l’acquisition, en 1906, d’une dizaine de pièces (un don de Delattre), puis de cent vingt-huit pièces remises par le ministère de l’Instruction publique. Le site de Carthage a fait l’objet, au cours du xxe siècle, de nombreuses recherches, dont une campagne internationale de fouilles sous l’égide de l’Unesco, entre 1972 et 1992. Ce sont principalement les maisons du quartier punique de Byrsa, remarquablement conservées bien qu’elles portent les traces de la destruction de Carthage par Rome (146 avant J.-C.), qui permettent d’imaginer la vie quotidienne des Carthaginois à la fin de la période punique. Un trésor inestimable.

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L’année 2021 sera l’année du Bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert. Sa naissance et sa vie en Normandie, son attachement à cette région notamment comme territoire d’écriture d’une partie de son œuvre, font de Gustave Flaubert un artiste hors norme dans l’histoire de la Normandie.

De décembre 2020 à décembre 2021, de nombreux événements seront proposés au public dans toute la Normandie : expositions, spectacles, conférences, animations pédagogiques, circuits touristiques, promenades théâtralisées…

L’objectif de cet ambitieux projet est de susciter l’émergence d’un ensemble d’initiatives publiques et privées à vocation régionale, nationale et internationale, de les fédérer et de les valoriser autour d’une programmation concertée  et d’une communication commune, sur la base des orientations prises par ses membres dans le cadre d’une coopération et dans une démarche respectueuse des droits culturels.