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La Ronde #6

24 Juin 2022 - 18 Septembre 2022
La Ronde #6

Inaugurée pour la première fois en janvier 2016, à l’occasion de la création de la Réunion des Musées Métropolitains, La Ronde est un moment à part dans l’année qui permet de découvrir tous les musées sous un regard nouveau et commun mais aussi de se tenir au fait de la création contemporaine.

 

Durant deux mois, les musées du territoire s’ouvrent à toutes les formes de culture contemporaine, arts visuels, performance, à des artistes confirmés comme émergents. Chaque année, la RMM vous propose une rencontre singulière entre les artistes d’aujourd’hui et ses chefs-d’œuvre de l’art ancien afin de faire dialoguer les arts mais aussi les publics.

À partir du 24 juin 2022, les propositions de dix artistes – émergents comme confirmés – seront visibles au sein du réseau des musées ainsi que trois institutions partenaires Jardin des plantes, Centre Hospitalier Universitaire et musée national de l’Éducation de Rouen.

Née en 2016 dans le giron de la toute nouvelle RMM, La Ronde a une vocation joyeuse : ouvrir grand nos portes, nos yeux et nos oreilles, nous emporter dans le flux des propositions artistiques d’une institution à l’autre, sans autres boussoles que celles de la curiosité et du plaisir vivifiant de la découverte !

La Ronde, c’est l’éclectisme des visions artistiques (vidéo, photographie, volume, performance, poésie...). Chaque proposition se décline sur deux voire trois sites. La Ronde, c’est aussi des rencontres inédites entre des artistes entrant en dialogue les uns avec les autres.

Les artistes

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AURÉLIA JAUBERT

Musée des Antiquités
Musée national de l’Éducation

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Depuis 1995, Aurélia Jaubert expose régulièrement en France et à l’étranger. En 2019, elle reçoit la médaille d’argent à l’International Triennial of Tapestry du Centralne Muzeum Włókiennictwa (Łódź, Pologne). L’année suivante, elle obtient le prix du musée de la Manufacture de Roubaix et le prix spécial du jury de la Biennale Contextile (Guimarães, Portugal). L’artiste assemble en de vastes compositions, qui ne sont pas sans évoquer les grandes tapisseries du Moyen Âge et de la Renaissance, des centaines de pièces extraites d’anciens canevas, de broderies et de tissages qu’elle collecte, conserve et recycle ainsi. Cette œuvre collective – des centaines de petites mains y auront contribué inconsciemment – est un hommage à toutes ces femmes inconnues et à leurs « ouvrages de dames ». Une démarche audacieuse qui tend à « décaler » une pratique populaire pour l’inscrire dans un champ critique et contemporain, le tout avec beaucoup d’humour.

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FLORENCE JOU

Musée des Antiquités, Site Beauvoisine

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Florence Jou (née en 1980) est écrivaine, performeuse et docteure en arts et sciences de l’art. Elle explore la plasticité de l’écriture et de la parole. Son projet mené en collaboration avec un groupe de femmes, qu’il s’agira pour elle d’identifier et d’entraîner dans l’aventure, est une enquête au sein des collections, et notamment de ce qu’elles déclenchent en termes d’imaginaire. Elle donnera lieu à l’écriture d’un texte nourri des paroles, des réflexions et de la sensibilité des femmes participant à cette création commune ; ce texte sera « performé » et constituera aussi matière à des cartels accompagnant les collections.

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SAMUEL BUCKMAN

Centre Hospitalier Universitaire de Rouen
Musée Le Secq des Tournelles

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Samuel Buckman (né en 1972), diplômé des Beaux-Arts de Dunkerque, est plasticien et poète. Artiste et curateur résident dans plusieurs musées ces dernières années (Évreux, Caen, Saint-Omer), il a pour matière de prédilection la déambulation. Il filme la danse des objets inertes que le vent anime, ramasse des objets rebuts, clous rouillés, cornets de frites, tessons de céramique et billes en tout genre, porteurs d’un « potentiel possible ». Elles, son projet pour La Ronde, vise à interroger les caractéristiques et les dénominations du genre féminin de la ville. La Seine, grande dame qui serpente et traverse la ville de Rouen, est dominée par la cathédrale Notre-Dame et sa flèche, droite et élancée, soignée actuellement de ses pathologies liées à l’acier-cortex et à la fonte. Sensible au fait que l’on prenne soin d’une architecture comme d’une personne, il s’agit d’en faire l’objet d’une narration à travers les déambulations poétiques de l’artiste dans la ville.

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GARANCE ALVES

Musée des Beaux Arts
Musée de la Céramique

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Garance Alves (née en 1993), diplômée des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand et de l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre à Bruxelles, pratique la vidéo, la photographie, le dessin, et collabore régulièrement dans le cadre de résidences artistiques avec la danseuse Marie George (en partenariat avec Vidéoformes, Boom’Structur- pôle chorégraphique et la Cour des Trois Coquins-scène vivante). Elle crée des objets et des installations avec une prédilection pour les œuvres textiles, à travers lesquelles elle explore la mémoire et l’absence des corps. Les formes vides et abandonnées, ces espaces négatifs autrefois habités, incarnés, sont quelques-unes des caractéristiques de l’univers artistique de Garance Alves.

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LOU PARISOT

Centre Hospitalier Universitaire de Rouen
Musée Flaubert et d’histoire de la médecine

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Lou Parisot (née en 1994) sort diplômée de l’École supérieure d’arts et médias de Caen en 2018. Elle enchaîne depuis lors expositions et résidences (Liste au Confort Moderne de Poitiers et Tuileries au SHED de Maromme en 2019, puis Douces bigarreries au musée de Louviers en 2020). En rapport avec le thème « Héroïnes », Lou Parisot s’empare de l’histoire des sœurs Dionne, quintuplées nées en 1934 aux États-Unis et qui furent marketées comme une attraction. Elle projette la création de barrettes géantes, objets de curiosité fantasques aux formes inquiétantes, puissantes, étonnantes, affirmant un certain « girl power ».

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CATHERINE MENOURY

Musée de la Céramique
Musée national de l’ Éducation

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Catherine Menoury, artiste multimédia (vidéo, photographie, installations...) formée à l’École des beaux-arts de Nîmes et à l’Escape Studios Visual Effects Academy de Londres, a notamment présenté ses travaux en 2018 à la Nuit Blanche de Paris et en sélection MAC VAL en 2009. Elle performe régulièrement à Bruxelles, en Belgique, où elle vit et travaille. Pour La Ronde, Catherine Menoury propose Le Dîner, installation vidéo constituée d’un écran horizontal, sonore, sans paroles, et de trois écrans verticaux disposés en triptyque, silencieux. Cette table est en réalité un espace coupé en trois par plusieurs tranches de vie qui grandissent, désirent et vieillissent. On y décèle l’assentiment des secrets conflictuels transmis de mère en fille, dissous dans le recommencement de la fertilité, un héroïsme silencieux, ou/ et une Trinité.

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FABIEN LERAT

Musée des Beaux-Arts
Fabrique des savoirs

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Fabien Lerat (né en 1960), ancien pensionnaire à la Villa Médicis à Rome (1992-1993), est depuis lors présent sur la scène artistique française et internationale (Japon, Taïwan, Italie). Le textile est un matériau récurrent dans son œuvre, souvent réalisé in situ et pensé pour être activé par le public. Déposition, installation textile, se présente comme une réinterprétation résolument contemporaine de La Descente de croix de Laurent de La Hyre (1655), œuvre conservée au musée des Beaux-Arts. À la Fabrique des savoirs, la proposition, sous forme d'installation textile et de captation vidéo, se concentre sur le groupe des cinq femmes du tableau qui porte toute sa charge émotive et en constitue les véritables « Héroïnes ».

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GUY LEMONNIER

Jardin des plantes
Musée des Beaux-Arts
Musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine

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Guy Lemonnier (né en 1957), ancien élève de l’École des beaux-arts de Rouen où il a été professeur jusqu’en 2020, a formé plusieurs générations de jeunes artistes. Son œuvre, présente dans des collections publiques notamment en Normandie (Frac, musée d’Évreux), est regroupée au sein du Conservatoire nominal des arts et métiers. Il crée cette « collection », à la fois réelle et fictionnelle, en 1990 ; dès lors, elle absorbe et estampille en temps réel l’ensemble de sa production. Pour La Ronde, Guy Lemonnier propose La Fiancée asynchrone, écho au Grand verre de Duchamp qui fait le lien entre la ville de Rouen et l’œuvre phare de l’inventeur du ready-made. L’installation Hortus/Lignes de fuite met en perspective des plantes adventices (improprement appelées « mauvaises herbes ») dont fait partie le coquelicot, pavot des jardins à l’origine de l’héroïne. Méta-palette propose une conversation publique avec Madame Bovary (la fin tragique d’Emma, héroïne moderne, succombant à un empoisonnement à l’arsenic).

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IRIS SARA SCHILLER

Musée Flaubert et d’histoire de la médecine
Musée des Beaux-Arts
Fabrique des savoirs

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Iris Sara Schiller, formée aux Beaux-Arts de Jérusalem, vit et travaille à Paris. Son œuvre, qui conjugue sculpture, photographie, vidéo, dessin et texte, a été présentée dans de nombreux musées et institutions (musée Picasso à Antibes, musée d’art et d’histoire du Judaïsme et Maison européenne de la photographie notamment). Cicatrices est un projet vidéo en deux chapitres : Mémoire d’enfance évoque le mutisme de sa propre mère à propos de la Shoah et les traces non verbales que ce traumatisme a laissées chez l’artiste. Dans Rien à voir, quatre protagonistes, tous des personnages féminins, comme autant de facettes de l’artiste, participent à son jeu créatif. Mémoire d’enfance éclaire l’énigme de Rien à voir, il en est l’antichambre. Vidéos et installations déployées au sein des collections patrimoniales convoquent en vagues réminiscences vocabulaire gestuel, chefs-d’œuvre de l’art et puissance d’une extase mystique.

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KACHA LEGRAND

Musée Le Secq des Tournelles
Musée des Beaux-Arts

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Kacha Legrand (née en 1960), artiste plasticienne qui pratique le dessin et la sculpture sous forme d’installations et le dessin, enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie. Elle participe régulièrement à des expositions au sein d’institutions, de musées et de galeries d’art (galerie Duchamp, abbaye de Jumièges, musée de Louviers, musée André Malraux du Havre, galerie Jordan-Seydoux à Berlin, etc.) et son œuvre figure au sein de collections publiques (Frac Normandie, Carré d’Art de Nîmes). Kacha Legrand s’empare des clés de la collection du musée Le Secq des Tournelles pour en faire les instruments symboliques d’une délivrance physique, mentale, voire spirituelle, telles des héroïnes potentielles qui détiendraient le pouvoir particulier d’ouvrir des portes qui jusque-là étaient fermées et empêchaient le passage vers une libération, un avenir...