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Simon Hantaï : Par où on ne sait pas

17 Janvier 2020 - 27 Avril 2020
Simon Hantaï : Par où on ne sait pas

La salle Simon Hantaï est la première proposition issue du partenariat entre la Réunion des Musées Métropolitains et la Fondation Gandur pour l’Art (voir pages Actualités). Peintes entre 1951 et 1959, les toiles rassemblées permettent de mettre en lumière l’une des plus singulières et foisonnantes aventures picturales de la seconde moitié du XXe siècle.

Simon Hantaï quitte sa Hongrie natale avec sa femme Zsuzsa en 1948 pour s’établir à Paris. Il expose très rapidement avec les peintres américains Joan Mitchell et Sam Francis, puis à la galerie À L’Étoile scellée d’André Breton. S’il prend ensuite ses distances avec le surréalisme, il garde comme méthode la recherche d’une peinture à l’aveugle, dans laquelle le hasard dévoile ce qui est enfoui. Dans les années 50, le geste du peintre détermine sur la toile la frontière entre l’obscur et le clair, le secret et le révélé. Puis, avec les premières Mariales, il peint à la surface d’une toile froissée, laissant les formes naître sans contrôle, au hasard des plis. Cette invention picturale fait de la toile un matériau agissant, à part égale avec le peintre. Elle ouvre une voie dans laquelle s’engouffrent de jeunes artistes à la recherche de nouveaux moyens pour la peinture. Défendu par la Galerie Jean Fournier, Simon Hantaï devient le centre de gravité de toute une génération d'artistes, à une époque où la peinture doit se réinventer face à l’essor de nouvelles pratiques. C’est à l’occasion de son séjour à Varengeville-sur-Mer en 1963 que naît la série des Catamurons. Retranché dans un quasi silence à partir de 1982, année où il prend la décision de ne plus produire, il décède en 2008.

Entre 2009 et 2016, douze tableaux de Simon Hantaï rejoignent la Fondation Gandur pour l’Art. Cette entrée remarquable répond à la conviction que l’artiste, bien qu’encore largement méconnu, est l’une des figures essentielles du renouveau de l’art abstrait d’après-guerre. Au sein de la collection, les peintures de Simon Hantaï rivalisent en nombre et en importance avec celles de Martin Barré et de Jean Degottex, deux corpus contemporains rassemblés parallèlement avec le même souci de qualité et de représentativité.

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